Aujourd’hui enfin un jour de repos, quoique. Je me lève, je prends mon petit dej, et aujourd’hui ma rencontre sera … internet. Je peux avoir internet quand je suis branché dans le hall des serveurs (oui il y a un hall de serveurs dans ce presbytère). Chose dite, chose faite, j’ai internet, 37 messages et mon papa sur skype. Enfin je peux donner des vraies nouvelles à ma famille qui commençait vraiment à s’inquiéter. (J’ai beau être le troisième enfant de la famille, je suis le premier à faire un tour du monde pendant un an).
Aussitôt avoir passé quelques nouvelles, je découvre mes mails, mon article dans le télégramme et surtout le reportage de France 3 que j’avais fait avant de partir. Je sens que « avec son look de baroudeur et son prénom de chevalier » va rester dans les annales, alors que j’ai déjà perdu le chapeau de baroudeur. Mais bon ! Il ne faut pas forcer le destin.
C’est au frère et à la maman de prendre des nouvelles. Très content d’entendre ma voix je les rassure de mes aventures surprenantes. Quarante minutes pour rattraper le temps perdu. Mine de rien, ça fait plaisir. Je continue ma mission de répondre aux enfants qui m’écrivent. J’en profite aussi pour répondre aux amis, pour les remercier des commentaires qu’ils m’écrivent, pour leurs encouragements. J’améliore mon site. Je rajoute un onglet carnet de voyage, je mets en place mes galeries photos, je rajoute une à deux vidéos.
Un mail qui m’a le plus plu dans le lot, c’est celui de Anaïs, une amie qui partie comme moi le 4 septembre pour une mission de 6 mois en Inde dans une communauté pour des cours d’anglais et de l’extra scolaire. Dans son mail, je ressens la même appréhension du pays, la peur de la solitude et le besoin de parler français que je connais à plus faible mesure mais que je connaitrai à mon tour en Inde et peut-être aussi dans les autres pays.
Le temps défile j’ai l’impression de n’avoir rien fait. Le père Daniel a essayé de me mettre internet dans ma chambre mais ça n’a pas marché. Le gars doit venir demain.
Je suis parti faire les courses pour voir un peu du pays. Un tramway, et j’arrive à Cora, une plus que grande surface. Je regarde les prix, je divise par 4,4 (très pratique). Des choses ne sont vraiment pas chères d’autres sont le même prix qu’en France. Les pieds de porc 1€ le kilo (mon père serait fou), le poisson 20€ le kilo. Ce qui m’étonne le plus au final c’est qu’on retrouve dans ce magasin exactement le même fonctionnement qu’une grande surface Française. Les rayons sont disposés dans le quasi même ordre. Au fond la viande. L’alcool tout au fond à gauche. A la caisse on retrouve les chewingums en avant… Moi qui voulais du dépaysement. Je compare j’achète des trucs nouveaux, j’assure des trucs que je connais. Me voilà avec de quoi survivre pendant 1 à 2 semaines en plus des repas du presbytère. Je rentre.
Je me reconnecte sur internet pour revoir la famille, les sœurs et mon deuxième grand frère. Plus content de me voir et de m’entendre que de m’écouter. On délire comme si on était à la maison. Merci internet. Une tête vient de se rajouter sur la webcam, celle de mon père qui rentre du travail. Oui ça fait plaisir et requinque les batteries d’énergie positive.
Je vais manger avec père Daniel. Encore un repas de chaleureuses discussions. Il parle de sa vocation, de mon projet, de son master de chant grégorien au Conservatoire. Je sens qu’il est très content que je sois là, lui qui se retrouvait tout seul dans son grand presbytère. J’aime l’entendre parler. Avec lui, j’apprends aussi plein de choses mais déjà j’en oublie une partie. On regarde le match Roumanie-Andorre ensemble. Fromage, vin rouge et de vrais moments de complicité. Le match fini, on continue à discuter. Il me dit qu’il a encore des contacts que je pourrais rencontrer. Je ne demande pas mieux. Je ne suis pas là pour visiter mais pour rencontrer. Il me sort une phrase qu’il à entendu avec des amis français et que nous on a déjà tous entendu pour une autre région. « En Roumanie on pleure en arrivant et on pleure en repartant ». J’avoue que je me suis demandé ce que je pouvais bien faire ici mes premières heures mais vu qu’en déjà 4 jours j’en suis à tel niveau de rencontres, de sympathie et de complicité qu’au bout de 30 jours je ne sais pas comment ça va être. Allez à demain.









