Jeudi 11 avril : promesse tenue, estomac repu

Je retrouve le cours de français. Comme beaucoup de leurs professeurs, j’aime beaucoup cette classe où tu as pas mal de jeunes plein d’énergie mais qui ont « bon fond » et ainsi ils donnent une bonne dynamique à la classe. Ainsi, ils sont sérieux dans leur travail et même très créatifs dans leur rédaction de texte demandée.

J’enchaîne avec encore une de leur particularité le cours : l’art au choix : musique, arts-plastiques ou … théâtre. Et oui, dans toutes les écoles traversées, c’est la première fois que je le vois proposé dans le programme. Devant moi aussi choisir entre les trois, je vais en théâtre. Malheureusement, en secondaire 2, il reste un groupe de 36 (plus qu’une moitié de groupe dans les classes supérieurs) donc du théâtre à 36 devient très compliqué. Mais je suis agréablement surpris de voir que la vraie improvisation prend une place importante dans leurs cours.

Un dernier repas à leur self avec les professeurs, puis, un enseignant qui m’avait promis une sortie, me propose de partir avec lui à la 4e période pour faire une sortie « cabane à sucre ». Mais attention, pas une cabane touristique, mais chez un de ses amis producteur local qui en a une privée pour le plaisir. Ainsi, je regarde la fin du film « patriote » en cours d’histoire, et les jeunes ayant encore sport à la 4e période, je retrouve mon ami.

On part en voiture, on discute pas mal sur la route, on arrive dans l’érablière, son ami très sympa me fait rapidement visiter sa petite cabane à sucre, puis, très vite, on va aider deux autres personnes  « à courir les érables » comme ils disent, ce qui veut dire aller ramasser les « chaudières », les petits seaux en dessus de l’encoche qui récupèrent l’eau d’érable qui coule au goutte à gouttes après une nuit de gel et une journée de soleil.

Une fois les 300 chaudières ramassées et ramenées au bidon central, on prend le temps de voir la préparation un peu plus longtemps. Une bonne odeur sucrée nous prend quand on rentre dans la cabane, le sirop à différentes étapes est en train de bouillir, le maître des lieux remet du bois dans le poêle qui chauffe le tout, puis surveille la casserole de « tire », du sirop qu’on fait bouillir plus longtemps pour que ce soit plus sucré et collant. Enfin, il finit de fermer deux-trois « cannes » (boîtes de conserve), de sirop fraîchement prêt. Il nous invite « à tremper la palette », action qui consiste juste à mettre une spatule dans la préparation pour tout simplement goûter la mixture en cours, et comparer les différentes étapes de fabrications. Un régal, c’est vraiment une autre sensation quand c’est tout juste chaud.

Une fois la « tire » prête, on va sur la terrasse de la cabane au soleil, avec ce mélange de doux rayons et de fraiche brise accompagné par son paysage encore enneigé. On prépare la fameuse tradition de la tire, qui consiste à verser la substance encore chaude sur de la neige fraîchement ramassée. Après avoir observé cette magie des couleurs, ce blanc parfait nappé d’un caramel brillant, on attend deux minutes, pour savourer ce mélange de contradictions : ce chaud-froid, ce doux-fort, ce sucré-sucré. Une découverte que j’apprécie, et même si j’avais découvert la tire en pot, elle n’a rien à voir, cette ambiance fascinante lui rajoute un goût authentique. On m’apprend comment faire un beurre d’érable, il suffit de malaxer énergiquement la tire dans un verre, pour obtenir un concentré de sucre encore ma foi fort sympathique. Je peux vous dire que je me suis bien « sucré le bec » expression québécoise que vous comprendrez, je n’en doute pas. Ainsi, j’en apprends beaucoup sur la fabrication du sirop, sa complexité et même sa subtilité. Un peu comme le vin, il y a des connaisseurs qui regardent la couleur, la robe, la période de récolte … et oui, on fera une dégustation d’un sirop de début de saison plus clair contre un sirop de fin de saison plus foncé, et même pour un palais non habitué comme le mien, on sent bien les différences. « Vive acérilogie ! » diraient les acériculteurs.

Encore un très bon moment et très fier de ne pas l’avoir visité dans une cabane à sucre touristique mais une vraie chez un producteur local. Je remercie mon ami enseignant de m’avoir donné cette occasion unique. Et rien de tel que de repartir avec une canne qu’on a vu bouillir. Celle là, il aura encore meilleur goût à la maison. Merci le maître des lieux.

Je finis la soirée avec mon ami qui m’invite chez lui, il me fera un peu visiter les campagnes et me montrera des beaux lieux. On arrive chez lui, il habite juste en face de l’hôtel-château Frontenac, le plus photographié du monde. Ainsi de l’autre côté de la berge on a aussi une très belle vue. On prend le temps de discuter de faire à manger, je rencontre son amie qui est enseignante spécialisée, désolé pour vous mais moi j’adore, encore une très bonne soirée à parler d’éducation (et en plus ils sortiront aussi un plateau de fromage avec du vin). Alors encore une très bonne soirée. Il me ramène, on raconte notre journée aux frères qui sont très contents que j’aie eu cette chance là. Je ne tarde pas à me coucher à demain.

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