Aujourd’hui je retourne au collège des frères à côté de l’école, et je change de classe. Je troque la « 6e A » contre la « 6e B ». N’ayant qu’une seule chaise de libre à la place vacante au premier rang, le prof m’invite à prendre cette place, j’observerai toute la journée à cette place tel un élève « studieux. » Je retrouve la même ambiance, cours de maths puis cours de sport. Encore une nouvelle dimension du sport au Japon, ici, ils font aussi des cours en classe avec des manuels qui expliquent les règles, les techniques, les tactiques, les échauffements … des différents sports de l’année : basketball, baseball, handball, football, le volleyball, danse, tennis, ping-pong … Ils apprennent aussi la théorie des sports comme les combats de sumos, le judo, le kondo, le ski …
Puis cours de japonais, d’anglais, repas, cours de musique et de physique. Juste en cours de musique, le professeur leur fera écouter un long morceau de shamisen (la guitare japonaise à trois cordes). Le professeur sera à fond dans le morceau en vivant le morceau les yeux fermés, en se pinçant les lèvres et en amusant ainsi la classe. Et un autre élève lui aussi sera en transe, avec ses pieds, il suit le rythme de la musique pour aussi le plus grand plaisir de ses camarades.
Puis de retour dans ma chambre, un frère frappe à ma porte pour me proposer de changer brutalement mon programme et de partir ce soir à Yokohama si je veux observer la maternelle en action. J’avais pas mal de petits trucs à faire ce soir mais je n’ai pas vraiment le choix. Ainsi, je me retrouve à faire mon sac et à quitter cette ville alors que je voulais encore y voir deux trois belles choses (la plage, le château et le jardin zen notamment). Mais bon, j’ai tellement apprécié que j’aurai plaisir à y revenir, même si ce ne sera qu’à ma retraite. Ce qui m’embête le plus, c’est de partir sans pouvoir dire au revoir aux gens de l’école et surtout au frère qui avait tout mis en place pour que je puisse réaliser mon projet au Japon, je lui laisse quand même un petit mot et je lui enverrai un mail même si ce n’est pas la même chose. Ainsi, je mange rapidement avec le frère, et on part rejoindre un autre frère qui retourne ce soir à Yokohama. (Ça m’évite de devoir me prendre la tête tout seul dans les métros et la ville pour trouver la maison des frères).
On part ensemble, on discute beaucoup sur la route et dans le train, il est très intéressé par mon projet lui aussi et il est ravi de me faire partager beaucoup d’expériences, et il en a, ce frère de 82 ans. Il me pose aussi beaucoup de questions, c’est une personne pleine de sagesse avec qui il est très agréable de voyager. Une fois arrivés à Yokohama, je l’amuserai en « le sauvant deux fois » comme il dit. Puisqu’il pensait avoir perdu son billet de train indispensable pour sortir de la gare sous peine d’en payer un autre, après avoir regardé partout, il commence à sortir la monnaie pour aller en payer un autre et je remarque que son ticket est avec ses sous. Puis une fois à la maison des frères, il ne trouve plus sa clef pour rentrer, je me rappelle qu’il avait mis dans sa poche quand il cherchait sa monnaie dans le taxi, il me dira qu’il est bien content d’être rentré avec moi. Moi aussi je suis bien content d’être rentré avec lui, puisque, pour son âge, les frères de la communauté lui ont donné le droit de rentrer en taxi plutôt que de rester debout dans les métros, ainsi, moi avec mes deux gros sacs, j’en fais de même.
Une fois la clef retrouvée, on rentre et il va se coucher, lui qui a pourtant l’habitude de se coucher à 7h du soir, alors qu’il est déjà 9h. Je rencontre le frère supérieur, très accueillant, il me présente les lieux, la chambre (toujours digne d’un très bon hôtel) et on prend le temps de parler autour d’une canette d’un thé froid que j’apprécie, je lui présente mon projet et on voit la journée de demain. Encore une personne très sympa avec qui j’ai plaisir à discuter et qui met rapidement très à l’aise. En allant se coucher, je rencontre le dernier frère de la maison de Yokohama, ils sont tous très accueillant et ouverts, encore un lieu où je vais me plaire. Je les quitte pour monter dans mes appartements et prendre possession de ma chambre. Je me couche, à demain.









