Et oui, on est le 24, ce soir c’est la messe de Noël, j’avoue que je ne connais pas très bien les habitudes et que je vais découvrir. Je me lève, je prends le petit-déjeuner avec père Brendan, père Alex et Sandy. C’est agréable de manger tous les quatre comme ça, en plus ce matin, j’ai droit aux céréales indiennes, je les amuse parce que j’en prends une photo. A peine, le petit déjeuner fini, que déjà une belle surprise, on me rappelle, les sœurs sont là, elles nous chantent « we wish a merry chritmas », et elles nous offrent un chacun, un cadeau. Ça me fait très plaisir qu’elles aient pensé à moi. Mais la tradition, veut qu’on n’ouvre pas le cadeau devant ceux qui l’ont offert, j’attends toujours de savoir quand est-ce que je peux l’ouvrir.
Le matin, je le passerai tranquille, à travailler, à faire des vidéos cadeaux, jusqu’à l’heure du repas. Je le prends avec père Alex, on regarde la télé en même temps. L’après midi, je fais une bonne sieste, je me prends la tête avec mon ordinateur un peu capricieux, il n’aime pas la chaleur d’ici, lui. Mais avec persévérance, j’y arrive. Je profite aussi, de faire quelques balades, de faire quelques cadeaux pour mes nouveaux amis, Maxwell, et autres … je me pose sur la terrasse de l’étage pour écrire un poème sur Noël en Inde, pour préparer mes futurs courrier. J’aime les voir installer tout au dernier moment, en moins de 3 heures, l’église est bien décorée intérieurement et lumineuse extérieurement. Ils ont installé le lieu pour la messe qui aura lieu dehors vu le monde qu’ils attendent. Je regarde le coucher du soleil, je profite de cet instant magique.
Il est 8 heures et demi, la messe commence à 9 heures et demi, tout est étrangement calme. Père Alex m’invite à manger avec lui. On est deux, on mange dans un silence religieux. C’est finalement très agréable, je pourrai faire moine. Le repas est le même que d’habitude, mais ce silence, rajoute du goût au poisson que je trouve exquis. Je rentre dans ma chambre, pour me préparer pour la messe, je me rends compte que je n’ai pas grand-chose pour les grandes occasions. J’arrive quand même à paraître un peu plus que correct.
Je rejoins le lieu de la célébration en pleine-air qui n’est autre que le même lieu que pour les spectacles. Ils ont installé plus de mille chaises plastiques et une très belle scène de cérémonie. Le bang, le groupe de musique commence à jouer pour ceux qui arrivent. Je m’installe, et sourie à beaucoup de personnes, je ne passe toujours pas inaperçu. J’ai la surprise de retrouver Peter, sa famille et sa fille que je connais bien, on a souvent sympathisé dans la cour de récréation. Ils s’installent à côté de moi, ça me fait plaisir. La messe commence, une chorale pour nous aider à chanter, la musique avec des rythmes indiens mais toujours une petite intro à la « bal-musette ». Ça à son charme. On s’amuse avec la nouvelle amie quand les chants sont en latin et que je peux chanter (le gloria et alléluia quoi !) et que le reste je fredonne l’air de la chanson en Marathi. Une belle cérémonie, qui reste simple et traditionnelle. On reste sur l’essentiel avec une homélie de 15 minutes. Dommage que je ne comprenne pas !
On finit par la bénédiction finale. Ils offrent une part de cake à tout le monde. Tout le monde commence à se dire « merry Christmas ! » Beaucoup tiennent à me le dire particulièrement les enfants comme les adultes. Puis quand je pense que c’est terminé, je découvre le plus bel aspect de cette fête de noël indienne à Nirmal. Le bang, le rythme, la danse, la joie d’être ensemble et de fêter Noël. Un petit groupe danse au milieu des musiciens, et beaucoup regardent ce plaisir partagé. Bien sûr, on vient me chercher pour que je danse avec eux, beaucoup d’adultes que je ne connais pas, je suis timide, je suis le rythme gentiment. Mais j’ai le plaisir de retrouver le secrétaire avec qui j’ai beaucoup sympathisé, c’est lui le leader du groupe de musique avec sa clarinette.
Puis les jeunes de l’école que je connais se joignent à nous, là, je me laisse prendre, je danse avec eux avec beaucoup de joie. Je suis près des percussions, le rythme qui se rapproche de la Batala brésilienne, me plaît beaucoup. Je ne peux m’empêcher de les épater avec quelques mouvements. Mais ce dont je ne me rends pas bien compte, c’est que c’est toute la communauté paroissiale qui me regarde et même certains me filment. Une fois que les musiciens arrêtent, je suis en nage. Tout le monde veut remercier de ma performance, je n’ai pourtant pas forcement bien dansé, j’ai juste partagé ma joie et mon énergie. C’est ça l’essentiel. Un me demandera d’où me vient cette énergie, je lui pointe le ciel, il a compris. D’autres veulent prendre des photos avec moi, d’autres veulent parler en Marathi avec moi (les trois phrases que je connais). D’autres s’intéressent un peu plus à ma présence ici. Je reste jusqu’à dire au revoir, « merry christmas » et merci, au dernier groupe. Il est 00H30, on rentre avec père Brendan. Je viens de passer un noël magique, ici, c’est moins familial mais l’Inde est ma nouvelle famille. Merci pour cet instant unique. Si seulement on m’avait dit. Je rentre dans chambre, je prends une douche, je prends un temps pour lire la traduction des textes et être en union de prière avec ma famille. Un petit sms, et un carré de chocolat, me voilà comblé. Noël en Inde est si différent mais si bon. Je me couche, serein, apaisé dans la joie du Christ nouveau-né. Amen.









